L'état de grâce: grâce à l'entrainement



“Réfléchir? Comment on peut réfléchir et taper la balle en même temps? ?!” Yogi Berra - joueur de Baseball

Vous vous êtes déjà demandé ce qu'il se passe dans votre cerveau et dans votre corps quand une technique, un mouvement, une action nous semble si facile à exécuter? Par exemple lors d'un combat, un match, une démonstration ou par exemple pendant cette course ou vous vous êtes sentis si puissants et légers. Des moments ou vous avez perçu ces sensations automatiques qui vous ont amenés à la victoire et à une excellente performance de manière si fluide, sans efforts? Pour les sportifs plus experts ce n'est pas un phénomène si rare et il reste souvent ancré dans leurs mémoires; je dirais même qu'ils recherchent cette sensation, cet "état de grâce".


Personnellement, j'en ai eu plusieurs dans mon parcours de judoka, et - j'espère j'ajouterais - je travaille afin d’être ouverte a cet "état psychologique optimal" le jour de mes compétitions futures. Je me souviens précisément, grâce à une vidéo qui avait été faite de mon l'ippon (ippon = mot qui signifie le score maximum en judo et qui attribue la victoire au combattant) - je souligne ici l'importance de la présence de la vidéo en tant qu'instrument objectif et de recherche pour les entraîneurs et les athlètes lors de la préparation mentale/tactique/technique post compétition.

J'étais au Continental Open de Bucarest, pendant un combat contre une adversaire médaillée en Grand Slam (à mon insu, peut être heureusement). Ce jour là j'avais beaucoup d'énergie et aucune pensée de résultat me venait à l'esprit, je souhaitais seulement "faire du bon judo", "combattre, m'amuser et m'exprimer", étant une de mes premières compétitions à ce niveau dans cette catégorie de poids. Sans voir la vidéo, je me serais rappelé uniquement de la grande scène illuminée par les projecteurs de lumière typiques des compétitions IJF (Fédération internationale de judo), mon adversaire et sa stratégie que j'avais compris dès la première action. J'avais seulement une pensée dans la tete: attendre avec patience qu'elle s'expose à nouveau dans sa stratégie pour lancer ma technique, qui était un de mes atouts.

Toutefois, ceci est le fruit d'une analyse faite avec mon préparateur mental de l'époque, car comme tous les athlètes de sport de combat savent, le temps passe très rapidement sur le tapis: nous n'en avons pas pour réfléchir et conscientiser nos pensées. Cette unique pensée technique était comme un flash d'un millésime de seconde, une suggestion intuitive provenant du fond de mon cerveau. Puis, d'un coup, quelques secondes après je me retrouvais sur mon adversaire en entendant l'arbitre me décerner la victoire. Je savais avoir fait cette technique, or je n'étais pas capable de m'en souvenir en détail. J'étais pleinement vigilante et concentrée, mais pas tout à fait consciente. Comme les jeunes qu'aujourd'hui j'accompagne me disent "c'est parti tout seul, comme si c'étais pas moi à le faire, mais seulement à le vouloir et j'étais certain que c'était la bonne solution".

Certainement je ne suis pas la seule sportive à témoigner ces événements qui rendent le sport une éducation et une activité de développement personnel d'excellence: vous tous vous trouverez sans doute une anecdote dans vos mémoires.


Revenons à la théorie. Ce phénomène n'est pas exclusif des sportifs, mais aussi des artistes, pendant un concert ou un spectacle, des managers et des dirigeants durant une conférence, une négociation face à des clients très influents. Le “flow”, le nom scientifique décrivant cet état mental émergé en 1970, est caractéristique de l'Homme en général. Certains disent même qu'il peut se manifester lors des moments de plénitude et de bonheur en lien avec la nature par exemple.

En psychologie du sport un grand nombre d'étude ont été consacrés aux états motivationnels. Initialement les psychologues s’intéressaient seulement aux émotions négatives. Plus tard les scientifiques, comme Csikszentmihalyi, Jackson, Lubinski, Benbow, Buss, et d'autres, dans les années '90 et 2000 ont donné lieu à une voie de recherche différente: la psychologie positive. Ils se focalisaient surtout sur les mécanismes mis en jeu par les individus qui atteignent l'excellence et la joie dans des domaines variés. Elle se définie comme "la science de l'homme" qui tente de comprendre comment apprendre aux jeunes générations les variables d'optimisme et de persévérance, selon Csikszentmihalyi et Seligman (2000).

En 1975 Csikszentmihalyi avait déjà défini le FLOW comme “un état d'activation optimal dans lequel le sujet est complètement immergé dans l'activité". Cette expérience est qualifiée comme "autotélique", autrement dit "qui retrouve son but en soi-même". En effet, il est primordial que la motivation soit plus profonde que le simple fait de gagner une médaille ou une récompense. Ainsi ce n'est pas une simple supposition affirmer que pour atteindre les plus hauts niveaux dans un domaine donné, il est nécessaire nourrir des motivations intrinsèques en harmonie avec nos valeurs et nos besoins. En conséquence, le rôle de l’entraîneur, sa façon de travailler avec les jeunes et la prise de conscience de l'athlète sont cruciaux.

Ce scientifique qui porte un nom difficile à prononcer même pour les spécialistes du mental, a identifié différents indicateurs de l'apparition et de l'intensité du flow:


  • l'absence de stress, anxiété et ennuie

  • une perception des émotions positives à ce moment donné

  • des feedback clairs

  • la focalisation de l'attention sur l'action et pas sur autre chose

  • une perception d'un équilibre entre ses compétences et le défi à relever


Comme vous pouvez constater, certains points peuvent être regroupés sous la notion de confiance en soi du sportif, de l'équipe et de l’entraîneur. Il est intéressant de les entraîner chaque jour de manière complémentaire aux séances de préparation physique, technique et tactique, et notamment dans le situationnel. Dans le but de conduire les sportifs à être ouverts à cet état psychologique, un travail en amont de construction de certains habiletés mentales fortes est donc conseillé.

En outre le concept de flow a une intérêt central dans la pratique sportive, car il est possible d'amener les athlètes à réussir à entraîner cette prédisposition pour atteindre un état optimal de performance. Cela équivaut à un niveau élevé de focalisation de l'attention et de confiance dans ces propres capacités de la part des sportifs plus experts, réussissant à sélectionner inconsciemment les informations pertinentes pour atteindre la performance. Tout en ayant reçu des feedback constructifs, concrets et claires durant les entrainements, une certaine confiance concernant les actions à mettre en place dans les situation de défi (comme en compétition) est possible.



Un paradoxe gênant:


Etant donné qu'il s'agit d'un "état de conscience modifiée", plus l'athlète recherche le flow, plus y réfléchi, plus il pense avec obstination, moins il sera atteignable. Comme les études l'expliquent l'état de grâce se produit quand nous sommes complètement immergé dans l'action, dans l'activité. Par conséquent ce n'est pas pendant la réflexion - qui est typique de la partie du cerveau qui s'active pendant le raisonnement, un effort cognitif - que cet état se produit. Il est composé d’ingrédients plus complexes qui se cachent dans l'action, l'émotion et grâce à l'entrainement sur le à long terme. En portant l'exemple de ma passion - le judo - combien de fois nous voulions reproduire cette technique en combat, cette même action qui nous avait conduit à la victoire de façon automatique, mais en vain. Et au contraire, juste au moment ou notre esprit est relâché et concentré sur l'ensemble des sensations nos meilleures exploits sont accomplies!


N'est ce pas l'objectif de l'entrainement? Une succession de feedback, d'erreurs et de corrections (consciente et quasi consciente) qui nous permet une sorte d'automaticité intelligente? N'est-ce pas celle ci l'adaptabilité et la souplesse tant reconnue dans le judo?


Un jour mon entraîneur m'a dit (et aujourd'hui parfois il me le rappelle toujours) : "Je m'en fiche que tu tombes. ça sert à rien d’être sure à entrainement. Tu t’entraînes pour la compétition. Tu t’entraînes pour être sure en compétition." Il avait et il a tout compris.


Cristina P.

préparatrice mentale et judoka

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